Et si finalement, l’ex Président burkinabe Blaise Compaoré n’était pas l’assassin présumé du défunt Président Thomas Sankara.

Certes, le continent africain est indiscutablement riche en coups d’Etat militaires, puisqu’on en recense environ 67 depuis les années de la décolonisation. Ces putschs qui effectivement font basculer le pouvoir, ne sont heureusement pas tous sanguinaires.

Il demeure cependant que les conditions exactes dans lesquelles ils se déroulent ne sont souvent pas claires, et c’est précisément le cas pour les coups d’Etat dont furent victimes les défunts Présidents Thomas Sankara du Burkina Faso, et Laurent Désiré Kabila de la République Démocratique du Congo (RDC), pour ne citer que ces deux Présidents.

En Afrique, il est aussi de règle que les auteurs des coups d’Etat qu’ils soient sanguinaires ou non, s’emparent toujours immédiatement du pouvoir, et annoncent officiellement leur exécution d’abord pour se justifier devant l’opinion internationale, ensuite pour se faire reconnaître en tant que nouveau dirigeant du pays.

Est-il encore utile de rappeler que c’est ce qui se passa au Togo, quand le 13 janvier 1963, l’ancien sergent de l’armée française Etienne Gnassingbe Eyadema, assassina le premier Président togolais démocratiquement élu en substance Sylvanus Olympio et prit le pouvoir ?

On vivra plus tard les mêmes scènes de cruauté par mimétisme dirait-on, au Mali où le lieutenant Moussa Traoré s’empara du pouvoir en assassinant le Président en poste Modibo Keita, en Guinée Equatoriale où le capitaine Obiang Nguéma à son tour, accéda au pouvoir après avoir assassiné son cousin Macias Nguéma. Il ne s’agit là que d’une énumération non exhaustive.

Cette brève mise au clair a pour intérêt d’une part, de tenter une élucidation des vraies circonstances de l’assassinat du Président Thomas Sankara le 15 octobre 1987 à Ouagadougou dans une totale confusion et d’autre part, d’identifier le ou les vrais auteurs de cet abominable crime.

Evidemment que l’alter ego, le capitaine Blaise Compaoré ayant pris la succession du pouvoir après l’assassinat du Président Sankara certes pour ne pas créer un vide institutionnel, est aujourd’hui suspecté à tort ou à raison par beaucoup de personnes, d’être l’auteur de l’assassinat du Président Thomas Sankara. Pour le moment rien n’est sûr, le suspecté gardant un silence énigmatique autour de ce drame.

Sur ce point précis, nos investigations en profondeur nous ont permis de glaner un certain nombre d’informations jusque-là non connues par le grand public. Si ces informations s’avéraient fondées, elles changeraient radicalement le cours des événements et du coup, il serait difficile d’attribuer l’assassinat de Thomas Sankara à une seule personne, en particulier à Blaise Compaoré. Une vision d’un problème aussi grave, relèverait de la précipitation voire de l’acharnement, et risquerait d’être qualifiée de simpliste, cet assassinat pouvant aussi bien être la conséquence logique d’une explosion de nombreuses colères et rancunes accumulées tant de l’intérieur que de l’extérieur du Burkina Faso, contre le Président Thomas Sankara.

Mais avant de continuer nos analyses, il est intéressant d’avoir une idée globale sur le climat politique, économique et social régnant au Burkina Faso, juste avant l’assassinat du Président Thomas Sankara.

Rappelons que Sankara qui fut lui aussi le chantre d’un certain panafricanisme minimaliste, se créa par ce fait, des rapports compliqués avec beaucoup de pays occidentaux et en particulier la France, dont le Président en visite d’Etat à Ouagadougou, y fut accueilli avec peu d’égards.